Mokte, voyage musical au cœur du Cameroun

Le nouvel album de Kareyce Fotso est une véritable balade dans les méandres linguistiques et les sonorités diversifiées du Cameroun profond. Les 12 titres que comportes l'album « Mokte » sont aussi distincts que l'ensemble est un bouquet identitaire de la culture camerounaise.

Du Bassa au Bamiléké, en passant par l'Ewondo et le Fulbe, Kareyce Fotso a voulu unir les camerounais malgré leur diversité. Pari tenu. A la genèse du projet : un rêve. Kareyce explique : « J'ai entendu toutes ces langues qui ont bercé mon enfance. Et si j'essaye de réécrire l'histoire du Cameroun comme moi je l'ai connu quand j'étais enfant, où toutes ces langues étaient en harmonie à un endroit ; où on ne savait pas d'où venait tel ou tel ; où on dormait chez X et Y ; où on vivait en paix. Et si je considérais mon CV comme cet endroit, si je considérais mon compact disc comme cet endroit X que j'ai envie de revoir, ce rêve que j'ai envie de recréer, le rêve de mon enfance. Et si je le recréais dans un endroit précis qui est mon album... »

L'artiste s'est donc mise au travail. Et pour que l'album ait tout son sens, elle a invité pour chaque chanson un musicien qui venait de la tribu concernée. Nous vous livrons ci-dessous, une présentation de tous les titres de cet album. Présentation faite par Kareyce Fotso elle. De quoi vous donnez un aperçu avant la sortie officielle le 20 mai prochain.

 

« To a voué ne ma » (en Ewondo)

C'est l'histoire d'une jeune fille qui a vendu son salon de coiffure pour collecter de l'argent pour que son homme aille se « chercher » en Europe. Après plusieurs tractations, ce dernier arrive enfin en Europe. Elle lui écrit une lettre pour lui dire de ne pas l'oublier.

 

« Ndolo comment çà va ? »

Je voulais parler de moi et de beaucoup de femmes d'aujourd'hui qui sont obligés de laisser mari et enfant à la maison pour aller travailler. C'est la modernité qui l'exige. C'est l'histoire d'une femme qui par toujours les jours et qui dit à son mari « Ndolo comment çà va ? » juste pour te rappeler que bien que je sois loin, je te porte dans mon cœur.

 

« Azany » (en langue ghomala)

C'est une chanson pour ma fille et à la fois pour ma sœur aînée. Azany ma fille c'est l'homonyme de ma grande sœur. Je fais des éloges aux deux à la fois. Je dis à ma fille tout l'amour que j'ai pour elle, et à ma sœur (décédée) que c'est dommage que tu ne sois pas là pour la voir.

 

« Manke » (en langue Bassa)

C'est quelqu'un qui reconnait avoir offensé l'autre et qui demande pardon

 

« Just Believe » (en anglais)

C'est un peu tout l'album. Believe c'est croire (Mokte). Au départ je voulais appeler l'album Believe, mon producteur belge qui est plus attaché à la culture africaine m'a dit que pour lui qui vend le projet, il préfère que je trouve le même mot en ma langue. Mais c'est « Juste Believe » qui porte l'album. Dans la chanson je dis qu'il faut croire, en sois, en ses rêves... Mon rêve à moi a toujours été qu'on puisse vivre ensemble dans notre pays malgré nos différences.

 

« Kak Pou Tseu » c

Çà veut dire « lève le doigt ». Souvent on jette la pierre à l'autre, on aime juger l'autre sans savoir quel est l'intérieur de chacun. Moi je dis qui pourrait lever le doigt et dire qu'il n'a jamais offensé l'autre ?

 

« Kowadi » (en Fufuldé)

C'est une chanson écrite par Isnébo, du groupe Fadah Kawtal, que j'aime beaucoup et je trouve qu'il l'a très bien écrite.

 

« Messa » (en ghomala)

C'est un peu la suite de Lomdieu qui était mariage forcé. La jeune fille va maintenant vers ses parents pour leur dire moi j'ai trouvé mon mari et non celui que vous vouliez m'imposer. Nos mamans à l'époque appelaient leur mari « Messa », un peu comme pour dire patron.

 

« Tiwassa »

C'est l'histoire d'un jeune qui était très brillant à l'école. C'était le Pythagore de la classe. Mais malheureusement il n'a pas réussi dans la vie. C'est pour faire la différence entre la vie à l'école et l'école de la vie. Comme quoi tu peux être bondé de diplômes mais affronter la vie c'est autre chose.

 

« Youmbata »

C'est un mélange de Zulu et de français. C'est un peut un cri d'espoir. Je dis : « si tu veux voir le bonheur, regarde dans ton cœur ». On cherche toujours le bonheur alors que le bonheur est en nous. On croit également que tous nos malheurs viennent des autres. Dans la faute de l'autre certainement nous avons la notre. Peut-être avions les prédispositions pour que l'autre fasse la faute. Lorsque que l'autre nous offense, on doit se demander si nous n'avions pas permis qu'il le face.

 

« Ke Wouac A »

Dans toutes mes chansons je donne toujours ma voix pour le seigneur. Dans cette chanson je dis à Dieu de ne jamais m'abandonner. Même quand l'orage sera très fort j'aimerai qu'il reste toujours à mes côtés.

 

« Aya »

C'est l'une de mes chansons préférées. Dans cette chanson je m'adresse aux jeunes qui ne rêvent que de partir, qui se disent que c'est mieux en occident. Alors je leur dis : je sais que vous avez le même rêve. Moi aussi je l'ai eu avant d'y aller. Mais, quand on ne connait pas l'inconnu, on se dit toujours que c'est mieux là-bas. On dit souvent a beau mentir qui vient de loin, mais sachez que là-bas c'est difficile. Si on travaille 8 heures ici, il faut travailler 16 heures là-bas. Il n'y pas un seul endroit où on verse de l'or dans la rue et les gens ramassent. On peut se créer son paradis dans le milieu où on est. Menons le même combat ici parce que la Tour Eifel n'a pas été construite par un extra terrestre mais par des hommes comme nous.

 


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